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Tableau de bord de l'action climatique

Le laboratoire de l’acceptabilité sociale de l’action climatique

Le laboratoire de l’acceptabilité sociale de l’action climatique a été créé pour répondre à un défi concret : les mesures climatiques ne soulèvent pas seulement des défis de conception et de mise en œuvre, mais aussi des enjeux sociaux, politiques et territoriaux qui influencent leur réussite. L’appui général à l’action climatique ne se traduit pas automatiquement par un soutien aux mesures concrètes: certaines peuvent susciter des préoccupations, des résistances ou de l’opposition selon leurs impacts perçus, leur équité ou leurs conditions de mise en œuvre. C’est précisément là que se joue leur acceptabilité sociale.

L’objectif du laboratoire est d’aider les collectivités à mieux comprendre ces enjeux d’acceptabilité sociale, à mieux impliquer les communautés et à concevoir des mesures plus justes, mieux ancrées dans les réalités locales et plus susceptibles de susciter l’engagement autour de la transition.

Une mesure climatique est une intervention visant à réduire les émissions de GES, à s’adapter aux conséquences des changements climatiques ou à soutenir la transition. Elle peut concerner notamment l’aménagement, la mobilité, l’habitation, l’énergie, la gestion des matières résiduelles ou la protection des populations et des milieux.

Pourquoi ce laboratoire ?

Les municipalités, les MRC et les directions de santé publique doivent aujourd’hui planifier et mettre en œuvre des mesures climatiques ambitieuses, notamment à travers les plans climat et les démarches d’évaluation de la vulnérabilité régionale aux changements climatiques et la conception de plans d’adaptation régionaux au climat en santé publique (VRAC-PARC).

Or, ces mesures transforment concrètement les milieux de vie et soulèvent des enjeux d’équité, de qualité de vie, de pouvoir d’achat, d’identité territoriale, d’efficacité perçue et de confiance envers les institutions. Lorsqu’elles sont mal adaptées aux réalités sociales et territoriales, elles peuvent générer des résistances, affaiblir la légitimité politique des décisions et même renforcer certaines inégalités.

Le laboratoire part d’un constat simple : les connaissances sur les solutions climatiques sont de mieux en mieux établies. Le défi est désormais de concevoir et de mettre en œuvre des mesures qui s’ancrent dans des réalités sociales complexes, s’intègrent de manière juste et durable aux territoires et s’appuient sur un dialogue social avec les milieux concernés.

Ce que le laboratoire cherche à faire

Le laboratoire est une démarche de recherche-action participative qui vise à :

  • Comprendre comment les différentes parties prenantes perçoivent les mesures climatiques.

  • Identifier les freins, les leviers et les conditions favorables à leur mise en œuvre.

  • Développer et tester des démarches participatives adaptées aux réalités locales.

  • Outiller les décideurs·euses et acteurs·trices du milieu pour intégrer ces apprentissages dans leurs démarches de planification et d'action climatique.

L’hypothèse centrale

Le laboratoire repose sur une idée forte : l’acceptabilité sociale n’est pas un simple baromètre d’opinion sur une décision, une intervention ou un projet déjà défini. C’est un processus qui se construit dans le temps, à travers l’information, le dialogue, la participation, les ajustements et la rétroaction, afin de créer les conditions d’une intégration harmonieuse des mesures dans leur milieu (voir fiche L’acceptabilité sociale comme processus de dialogue).

Travaillée en amont, elle permet de mieux comprendre les facteurs d’appui et de résistance, de repérer les angles morts, d’intégrer les réalités des populations en situation de vulnérabilité et d’ajuster la conception des mesures avant que les tensions ne se cristallisent.

Une démarche ancrée dans les milieux

Le laboratoire de Votepour.ca repose sur une approche partenariale qui mobilise plusieurs leviers complémentaires :

  • Des ateliers participatifs

    Avec des citoyen·nes, des professionnel·les municipaux et de MRC, des élu·es, des professionnel·les de la santé publique et des acteurs·trices communautaires.

  • L’analyse croisée

    Des constats issus du terrain et de la littérature.

  • La traduction de ces apprentissages en outils d’aide à la décision.

  • Des espaces de dialogue

    Pour croiser les regards, clarifier les rôles et tester des approches.

  • Un ancrage territorial

    À travers des portraits locaux, des démarches participatives de plans climat et des ateliers sur l’adaptation avec des populations en situation de vulnérabilité.

Ce que le laboratoire produit

Le laboratoire ne se limite pas à observer les résistances aux mesures climatiques. Il vise à transformer les apprentissages en outils concrets pour soutenir l’action. Sa démarche alimente notamment :

  • Une meilleure compréhension des freins, des leviers et des conditions de succès des mesures climatique.

  • Des démarches de participation mieux structurées.

  • Un répertoire de mesures climatiques et de leurs conditions de succès.

  • Une boîte à outils en acceptabilité sociale.

  • Un tableau de bord en ligne pour centraliser ces contenus et faciliter le transfert de connaissances vers les municipalités, les MRC, les direction de santé publique (DSP) et les acteurs·trices communautaires.

À retenir

Le laboratoire de l’acceptabilité sociale de l’action climatique part d’un principe fort : l’acceptabilité sociale n’est pas un frein à l’ambition climatique, mais un levier pour concevoir des mesures plus légitimes, plus équitables et mieux ancrées dans les territoires. En travaillant l’acceptabilité sociale dès la planification, notamment par le dialogue social et des démarches de participation publique adaptées, les collectivités peuvent réduire les risques de résistance, éviter certaines formes de maladaptation, renforcer la qualité du dialogue avec les milieux et augmenter les chances que les mesures soient comprises, soutenues et durables.