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Tableau de bord de l'action climatique

Le rôle des équipes municipales

Les équipes des organisations municipales (municipalités et MRC) sont au cœur de la mise en œuvre de l'action climatique locale. Leur rôle dépasse largement la planification technique : elles traduisent les orientations en projets concrets, créent des liens entre les différents acteurs, influencent les décisions à l'interne et contribuent à intégrer les dimensions sociales de l'action climatique. Les apprentissages du laboratoire montrent toutefois que ce rôle stratégique s'exerce souvent sans disposer de tous les outils, du temps ou des données nécessaires.

Pourquoi c’est important?

Avec les plans climat, le Plan national de l'aménagement et de l'adaptation du territoire (PNAAT), les nouvelles orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT) et les impératifs d’équité territoriale, les organisations municipales doivent concilier ambitions climatiques, contraintes budgétaires, qualité des milieux de vie et réalités sociales locales. Elles veulent agir là où c’est le plus utile, mais peinent encore à croiser les données sociales et territoriales, à anticiper les risques de maladaptation et à arrimer suffisamment leur travail avec la santé publique, les démarches de développement des communautés et les autres acteurs du territoire.

Ce que le laboratoire nous apprend

  1. Leur rôle réel dépasse largement la planification technique

    D'après les accompagnements menés par Votepour.ca, les équipes municipales et de MRC occupent au moins quatre grandes postures complémentaires :

    • Planificatrices de la transition : elles traduisent les diagnostics climatiques et de vulnérabilité en plans, règlements, programmes et projets concrets ;

    • Intrapreneures de la transition : ils font avancer les projets à l'intérieur de leur organisation, naviguent entre les considérations administratives, politiques et organisationnelles, créent des alliances et ouvrent de nouvelles possibilités d'action ;

    • Porteuses politiques et stratégiques : elles sécurisent les décisions, expliquent les risques, les coûts et les bénéfices aux élu·es, et rendent les arbitrages compréhensibles ;

    • Premières répondantes face aux enjeux d’acceptabilité sociale : elles repèrent les mesures sensibles, reçoivent les préoccupations du milieu, organisent les démarches de participation et cherchent à mieux comprendre les conditions de mise en œuvre des projets afin d'éclairer la décision.

  2. Elles naviguent entre plusieurs responsabilités et plusieurs échelles d'action

    Les équipes municipales évoluent dans un environnement où elles doivent concilier de multiples exigences : orientations gouvernementales, contraintes financières, priorités politiques, participation publique, besoins des communautés et réalités territoriales. Elles doivent également assurer la cohérence entre plusieurs démarches de planification et de développement territorial (plans climat, schémas d'aménagement, plans d'urbanisme, développement social, etc.), tout en collaborant avec une diversité d'acteurs dont les rôles, les responsabilités et les mécanismes d'arrimage demeurent parfois peu définis.

    Cette position en fait des acteurs clés de la transition, capables d'influencer les pratiques à l'intérieur de leur organisation et de créer des liens entre des expertises qui travaillent encore trop souvent en parallèle.

  3. Une démarche de participation peut les aider concrètement

    En misant sur le dialogue, la consultation, la concertation et des efforts d’information, la démarche de participation aide les équipes municipales et de MRC à :

    • mieux lire les préoccupations, les appuis et les résistances réels autour d’une mesure afin de pouvoir lajuster aux réalités locales ;

    • prioriser des actions à la fois ambitieuses et soutenables socialement ;

    • anticiper les risques d’iniquité ou de maladaptation ;

    • mieux collaborer avec les élu·es, la santé publique, les acteurs communautaires, la population et d'autres organisations municipales afin de partager les pratiques et les apprentissages.

  4. Les leviers qui renforcent leur action

    Les apprentissages du laboratoire montrent que ces équipes ont surtout besoin de :

    • méthodes simples pour comprendre les enjeux d’acceptabilité sociale ;

    • données et connaissances locales pour croiser climat, vulnérabilités et réalités territoriales ;

    • outils de dialogue avec les élu·es et la population ;

    • cadres de participation et d’outils d’animation réutilisables pour organiser des espaces de dialogue ;

    • et d’un meilleur arrimage avec la santé publique et les démarches de développement des communautés.

    Ces besoins rejoignent les approches que Votepour.ca expérimente actuellement dans plusieurs MRC à travers l’accompagnement de démarches participatives dans le cadre des plans climat.

À retenir pour l’action

  • Les professionnel·les municipaux et de MRC ne sont pas seulement des technicien·nes du climat : ils portent aussi une part du travail de légitimation des mesures.

  • Leurs principales difficultés tiennent moins à un manque de volonté qu’au cumul des responsabilités, au manque d’arrimage et à l’absence d’outils communs.

  • Les démarches de participation constituent aussi un levier pour ouvrir le dialogue à l'interne, faire émerger de nouvelles possibilités d'action et créer les conditions favorables à des mesures climatiques plus ambitieuses et mieux adaptées aux réalités du territoire.

  • Plus cette démarche est intégrée tôt, plus elle aide à éviter les tensions coûteuses, les angles morts sur l’équité et les reculs politiques.

Les professionnel·les municipaux et de MRC portent déjà une part importante du travail lié aux mesures climatiques; l’enjeu est maintenant de leur donner les outils, les données et les alliances nécessaires pour le faire de manière plus structurée.

Contexte des apprentissages