Le rôle des équipes de la santé publique
Les équipes de la santé publique occupent une place stratégique dans la transition socio-écologique. Leur apport ne se limite pas à documenter les risques climatiques : elles aident à repérer les vulnérabilités sociales et territoriales, à mettre l’équité au centre des choix et à rendre les mesures plus justes et mieux ancrées dans les réalités locales.
Pourquoi c’est important?
Au Québec, les directions de santé publique sont appelées à jouer un rôle pivot, notamment à travers les PARC (plan d’adaptation régionale au climat). Elles se situent à l’interface entre les politiques climatiques, les plans municipaux et les réalités vécues par les populations, particulièrement les plus vulnérables. Dans cette perspective, une démarche d’acceptabilité sociale devient un levier important : elle aide à éviter la maladaptation, à mieux tenir compte des inégalités sociales et de santé, à soutenir l’action intersectorielle et à contribuer à des milieux de vie plus favorables et plus résilients.
Ce que le laboratoire nous apprend
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La santé publique est un pivot d’équité
Les Directions de santé publique (DSP) apportent une lecture essentielle des vulnérabilités, des déterminants sociaux de la santé et des effets différenciés des changements climatiques. Elles produisent des portraits populationnels et des données qui permettent de mieux cibler les populations à risque et de soutenir les organisations municipales dans la conception de mesures plus inclusives.
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Leur rôle dépasse l’expertise de contenu
Les ateliers réalisés dans le cadre du Laboratoire mettent en lumière plusieurs rôles déjà assumés — ou jugés pertinents — par les DSP face aux mesures climatiques :
expertises reconnues, appuyées sur des données probantes ;
mobilisation et information, capables de mieux prendre en compte l’expérience vécue des groupes les plus vulnérables aux changements climatiques et d’adapter les messages à ces derniers ;
vigie des risques d’iniquité et de maladaptation des mesures climatiques;
partenaire des démarches de concertation, de consultation et de décision, en y apportant une lecture des enjeux de santé et d'équité ;
contribution à l’identification des parties prenantes, des alliés, des risques d’opposition et des publics les plus touchés ;
soutien structurant aux organisations municipales et aux démarches territoriales.
Elles peuvent ainsi jouer un rôle stratégique d’accompagnement auprès des organisations municipales et des démarches territoriales, en apportant des données sociales fines, en traduisant les enjeux de santé en co-bénéfices concrets et en contribuant à un meilleur arrimage entre adaptation, développement social et besoins des populations en situation de vulnérabilité.
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Une démarche d’acceptabilité sociale peut soutenir leur action
Les mesures d’adaptation ou d’atténuation ne sont pas seulement techniques : elles transforment les milieux de vie et leurs effets ne sont pas vécus de la même façon par tout le monde. Une démarche d’acceptabilité sociale peut notamment contribuer à :
adapter les mesures aux réalités locales en tenant compte des expériences et des préoccupations des populations ;
repérer les risques d'iniquité, de maladaptation ou d'effets différenciés ;
de contribuer à renforcer la légitimité, la confiance et l’appropriation des mesures ;
éclairer la conception et la mise en œuvre de mesures mieux adaptées aux réalités des territoires.
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Ce dont elles ont besoin pour agir
Les apprentissages du laboratoire suggèrent que les DSP ont surtout besoin de :
espaces et mécanismes de coordination favorisant un meilleur arrimage entre les organisations municipales, les acteurs du développement des communautés et les autres partenaires territoriaux;
méthodes et outils concrets pour intégrer l’acceptabilité sociale dans la planification de mesures climatiques ;
leviers pour faire valoir les bénéfices à long terme en santé, en équité et en cohésion sociale.
À retenir pour l’action
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La santé publique peut jouer un rôle clé pour arrimer climat, équité et participation.
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Une démarche d'acceptabilité sociale peut aider à transformer les enjeux de santé et d'inégalités en conditions concrètes de conception et de mise en œuvre des mesures.
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Les professionnel·les de la santé publique peuvent aussi agir comme agents de liaison entre les différents acteurs de l'action climatique, en facilitant le dialogue, le partage des connaissances et la coordination des démarches.
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Plus la santé publique est intégrée tôt, plus elle peut contribuer à concevoir des mesures plus justes, mieux adaptées aux réalités du milieu.
La santé publique ne contribue pas seulement à documenter les vulnérabilités : elle aide aussi à éviter la maladaptation et à mieux ancrer l’action climatique dans les réalités des populations.
Contexte des apprentissages
Cette fiche s’appuie notamment sur trois ateliers réalisés avec la communauté de pratique VRAC-PARC et sur des échanges avec des acteur·rices de la santé publique. Elle en propose une lecture synthétique orientée vers l’action, en particulier sur le rôle des DSP dans l’intégration de l’acceptabilité sociale aux mesures d’adaptation climatique.