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Tableau de bord de l'action climatique

Le rôle des acteurs·trices communautaires

Le milieu communautaire occupe une place essentielle dans la transition socio-écologique. Plus que des relais de mobilisation, ils sont des partenaires stratégiques qui apportent une connaissance fine des réalités locales, des besoins des populations et des dynamiques territoriales. Proches des communautés, notamment des personnes plus vulnérables, ils contribuent à faire de l'action climatique un levier de justice sociale plutôt qu'un facteur d'exclusion.

Pourquoi c’est important?

Les corporations de développement communautaire (CDC), les tables de quartier et les organisations communautaires interviennent là où se croisent qualité de vie, pauvreté, logement, alimentation, isolement, santé mentale et aléas climatiques. Elles constituent un lien essentiel entre les politiques publiques et les réalités vécues par les populations. Sans elles, plusieurs groupes restent peu visibles dans les diagnostics, les consultations et les choix de mise en œuvre.

Ce que le laboratoire nous apprend

  1. Leur rôle dépasse la mobilisation

    Les échanges montrent que les acteurs·trices communautaires ne se perçoivent pas seulement comme des relais de mobilisation. Plusieurs organisations disent déjà contribuer à la transition en jouant différents rôles : co-construction de projets, mobilisation citoyenne, création de liens entre les acteurs, plaidoyer, veille sur les effets sociaux des politiques ou encore expertise du milieu. Les rôles qu’ils tiennent varient toutefois selon la mission, les ressources et les priorités de chaque organisation.

  2. Leur expertise est centrale pour éviter les angles morts

    Les organisations communautaires voient rapidement les risques de maladaptation lorsque des mesures sont conçues sans les personnes les plus touchées. Elles sont souvent bien placées pour repérer les effets inéquitables et la marginalisation de certains groupes — personnes en situation de pauvreté, nouveaux arrivants, personnes isolées — dans les démarches de participation plus traditionnelles. Elles contribuent ainsi à mieux adapter les projets aux besoins du territoire.

  3. La complémentarité entre les acteurs·trices est essentielle

    Les échanges montrent également que toutes les organisations ne peuvent ni ne souhaitent jouer les mêmes rôles. Certaines postures sont largement reconnues comme pertinentes, alors que d'autres correspondent moins à leur mission ou nécessitent davantage de ressources. Les apprentissages du laboratoire invitent donc à reconnaître les complémentarités entre les organisations et à créer les conditions qui leur permettent de contribuer selon leurs forces, plutôt qu’à multiplier leurs responsabilités.

  4. La démarche d’acceptabilité sociale peut renforcer leur pouvoir d’agir

    Dans cette perspective, une démarche d’acceptabilité sociale leur offre un cadre pour :

    • anticiper les préoccupations, les freins, les leviers et les enjeux d’équité liés aux mesures climatiques ;

    • mieux documenter les enjeux d'équité et les réalités des populations les plus vulnérables aux changements climatiques ;

    • soutenir le dialogue avec les décideurs·euses et les autres partenaires du territoire ;

    • favoriser, lorsque cela est pertinent, des démarches de co-construction ou de participation adaptées au contexte.

  5. Ce dont ils ont besoin pour agir

    Les apprentissages du laboratoire montrent que les démarches communautaires ont surtout besoin de :

    • portraits locaux et données utiles pour documenter les réalités du territoire et appuyer leur plaidoyer;

    • canevas d’ateliers, outils d’animation et repères pour créer de véritables espaces de dialogue ;

    • une reconnaissance locale, politique et financière de leur rôle actuel et de leur contribution potentielle à la transition socio-écologique.

À retenir pour l’action

  • Les acteurs communautaires ne sont pas seulement des relais de mobilisation : ils sont des partenaires stratégiques de la transition socio-écologique.

  • Leur apport est particulièrement important pour comprendre et rendre visibles les réalités vécues, rejoindre les populations peu présentes dans les espaces institutionnels et repérer les risques de maladaptation.

  • Les apprentissages du laboratoire montrent que leur expertise gagne à être mobilisée dès la compréhension des enjeux et la conception des mesures, en complément des expertises municipales, de santé publique et citoyennes.

Contexte des apprentissages

Cette fiche s’appuie notamment sur deux journées d’échanges sur la transition socio-écologique, un atelier avec le collectif des partenaires en développement des communautés et deux accompagnements de démarches de développement des communautés à Québec. Elle propose une synthèse des principaux apprentissages issus de ces travaux.