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Tableau de bord de l'action climatique

Établir des partenariats territoriaux équitables entre les promoteurs privés, les municipalités et les communautés locales pour le développement de projets éoliens

Type
  • Atténuation
Thématiques
  • Énergie

Cette mesure vise à structurer des partenariats territoriaux équitables entre les promoteurs privés, les municipalités et les communautés locales dans le développement de projets éoliens. Elle cherche à renforcer la gouvernance locale, à assurer une participation réelle des acteurs du territoire tout au long du cycle du projet et à garantir une répartition plus équitable des retombées économiques, sociales et environnementales.

Le développement éolien est généralement bien maîtrisé sur le plan technique. Toutefois, la mise en place de partenariats territoriaux implique des mécanismes de gouvernance partagée, des ententes contractuelles et une planification territoriale concertée, ce qui ajoute un niveau de complexité. À ceci s'ajoute les coûts liés à l’implantation (études, infrastructures, raccordements, entretien) qui sont importants. Les partenariats permettent de mieux répartir les risques et de maximiser les retombées locales.

La réussite de cette mesure repose sur une coordination étroite entre promoteurs, organisations municipales et communautés locales.

Leviers d'application municipaux

  • S’appuyer sur la planification territoriale (plan d’urbanisme, zonage, schéma d’aménagement) constitue le principal levier pour encadrer l’implantation.

  • Négocier des ententes de partenariat portant sur le partage des retombées économiques et des engagements sociaux et environnementaux, tout en soutenant des démarches de participation publique adaptées.

Quels avantages pour votre collectivité ?

Outre leur contribution à la réduction des GES, les projets éoliens développés en partenariat avec les milieux locaux génèrent plusieurs co-bénéfices importants. Un co-bénéfice est une retombée positive supplémentaire, au-delà de l’objectif principal d’une mesure. Il peut concerner la santé, l’économie locale, la qualité de vie, l’environnement ou l’équité sociale.

  • Retombées économiques locales

    Revenus partagés, redevances, investissements municipaux et financement d’initiatives communautaires.

  • Autonomie et résilience énergétiques

    Diversification des sources d’énergie et meilleure capacité d’adaptation aux enjeux énergétiques.

  • Gouvernance locale renforcée

    Participation accrue, transparence et meilleure compréhension des projets par la population.

  • Acceptabilité sociale accrue

    Implication des acteurs locaux et perception plus équitable des bénéfices et des impacts.

  • Planification territoriale cohérente

    Meilleure intégration paysagère, prise en compte des usages du territoire et des milieux naturels.

État des perceptions de l'acceptabilité sociale de la mesure

Les projets éoliens bénéficient généralement d’un appui élevé en principe, mais cet appui diminue lorsqu’ils sont implantés localement, où il est influencé par les impacts perçus, la gouvernance, la participation et la répartition des retombées. Les travaux recensés montrent que l’acceptabilité repose sur un ensemble de facteurs liés au projet (utilité, impacts), aux acteurs responsables (réputation, ancrage), à la gestion (communication, participation) et au contexte territorial (valeurs, expériences, attachement au lieu) (Friser et al., 2025). Au Québec, plusieurs analyses indiquent que les tensions portent moins sur l’énergie éolienne elle-même que sur les modèles de développement privilégiés : certaines approches, plus centralisées et portées par des acteurs privés, sont davantage contestées, tandis que des modèles ancrés dans les communautés et favorisant des retombées locales sont généralement mieux acceptés (Jegen & Audet, 2011). Les expériences récentes confirment cette variabilité selon les territoires, avec un appui plus fort lorsque les retombées sont claires, que les processus sont jugés transparents et que les communautés sont impliquées, et une opposition plus marquée en cas de perception d’injustice, de manque de concertation ou de privatisation des bénéfices (Feurtey et al., 2014 ; Volard, 2025).

Résistances possibles à la mise en œuvre de la mesure et groupes concernés

Toute mesure peut susciter des résistances. Les comprendre permet d’anticiper les réactions et de mieux adapter la mise en œuvre.

  • Impacts paysagers, bruit et qualité de vie

    Groupes concernés

    Résident·es vivant à proximité des sites

    Préoccupations liées aux impacts visuels, au bruit, à l’ombre portée et aux effets perçus sur la valeur immobilière.

    Comités citoyens et associations locales

    Sensibles à la préservation des paysages et aux usages existants du territoire.

  • Méfiance envers les promoteurs et sentiment d’injustice territoriale

    Groupes concernés

    Communautés rurales

    Crainte de décisions imposées de l’extérieur et d’une répartition inéquitable des retombées.

    Élu·es locaux

    Doivent composer avec la pression citoyenne lorsque les processus sont jugés insuffisamment transparents ou précipités.

  • Inquiétudes économiques et touristiques

    Groupes concernés

    Acteurs touristiques

    Craignent une altération du paysage et des impacts sur l’attractivité récréotouristique.

    Entreprises locales

    Inquiétudes quant aux effets sur leurs activités liées au territoire.

  • Faune, milieux naturels et biodiversité

    Groupes concernés

    Groupes environnementaux

    Préoccupations liées aux impacts sur la faune aviaire, les habitats et, plus largement, sur l’intégrité des milieux naturels.

    Citoyen·nes attaché·es aux milieux naturels

    Sensibles aux impacts sur l’intégrité écologique du territoire.

    Agriculteur·ices

    Préoccupations liées à l’implantation sur des terres agricoles.

  • Modèle de gouvernance et privatisation

    Groupes concernés

    Groupes environnementaux, autochtones et locaux

    Crainte que les bénéfices quittent le territoire au profit d’acteurs privés.

    Citoyen·nes attaché·es au modèle d’électricité québécois

    Inquiétudes liées à une perception de privatisation de l’électricité et à une possible rupture du pacte social associé à sa nationalisation.

Motivations possibles à la mise en œuvre de la mesure et groupes concernés

Certaines mesures suscitent naturellement l’adhésion de groupes qui y voient des bénéfices directs. Les identifier permet de mobiliser des allié·es et de renforcer l’acceptabilité sociale.

  • Participation locale et gouvernance équitable

    Groupes concernés

    Groupes citoyens

    Appui lorsque la communauté est impliquée dans les décisions et peut influencer le projet.

    Élu·es locaux

    Intérêt pour des projets qui renforcent leur capacité d’agir, leur légitimité et leur rôle dans le développement du territoire.

  • Autonomie et planification énergétique du territoire

    Groupes concernés

    Organisations municipales

    Intérêt pour mieux planifier leur développement énergétique, réduire leur dépendance à des sources externes et renforcer leur capacité d’adaptation à long terme.

    Acteurs économiques régionaux

    Voient dans ces projets un levier structurant pour le développement régional et la cohérence des stratégies territoriales.

  • Retombées économiques locales

    Groupes concernés

    Organisations municipales

    Intérêt pour des revenus récurrents (redevances), le financement de projets locaux et la diversification des sources de revenus.

    Communautés rurales

    Appui lié aux emplois, aux investissements locaux et aux retombées directes sur le territoire.

  • Transition énergétique et action climatique

    Groupes concernés

    Population sensibilisée aux enjeux climatiques (incluant jeunes et groupes mobilisés)

    Appui basé sur la volonté d’agir face aux changements climatiques et de contribuer à la transition énergétique.

    Organismes environnementaux

    Soutiennent l’éolien comme solution concrète de réduction des GES.

Co-bénéfices pour la population

  • Revenus et retombées pour la collectivité

    Financement d’initiatives locales, fonds communautaires et redevances pouvant soutenir des projets collectifs ou réduire la pression fiscale.

  • Amélioration des infrastructures et des services locaux

    Investissements dans des équipements communautaires, des espaces publics ou des initiatives environnementales.

  • Renforcement du pouvoir d’agir local

    Participation accrue aux décisions, meilleure compréhension des projets et sentiment de contrôle sur le développement du territoire.

  • Opportunités économiques et professionnelles

    Création d’emplois directs et indirects, développement de compétences et retombées pour les entreprises locales.

  • Contribution tangible à la transition énergétique

    Participation à un projet concret de réduction des GES, pouvant renforcer le sentiment d’appartenance et de fierté collective.

Conditions de succès générales de mise en œuvre

Transformer une mesure « subie » en solution « souhaitée » exige de respecter sept conditions clés, peu importe la mesure à mettre en œuvre :

  • Ancrage local

    Adapter la mesure aux réalités du quartier : morphologie, données socio‑économiques, capacités d’accueil.

  • Communication claire et pédagogique

    Expliquer les objectifs, les coûts et les bénéfices avec des exemples concrets et des visuels simples.

  • Leadership politique affirmé

    Afficher un engagement public (résolution, budget, porte‑parole) et assurer la cohérence entre services.

  • Implication des acteurs proches des publics vulnérables

    Mobiliser les organismes communautaires et les réseaux de santé et services sociaux pour garantir l’équité.

  • Participation citoyenne et co‑construction

    Impliquer les résident·es, commerçants, expert·es. Passer du « consulté » au « coproducteur ».

  • Mesures d’accompagnement et de compensation

    Prévoir des aides financières, du soutien technique ou des solutions de rechange pour limiter les effets négatifs.

  • Suivi adaptatif

    Mesurer les résultats avec des indicateurs publics et ajuster rapidement la mise en œuvre en fonction des rétroactions.

Conditions de succès spécifiques de mise en œuvre

Aux conditions générales de succès de la section précédente, s’ajoutent des conditions spécifiques à la mesure qui sont tout aussi essentielles pour assurer son acceptabilité, son efficacité et sa mise en œuvre sur le long terme.

  • Localisation rigoureuse et sensible au territoire

    Pourquoi?

    • Éviter les conflits liés au paysage, à la présence de milieux naturels sensibles ou à la proximité des habitations.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Réaliser des analyses de cohabitation (vent, biodiversité, usages du sol).

    • Intégrer les projets aux schémas d’aménagement et aux plans régionaux.

    • Mobiliser des expert·es indépendant·es pour valider les options de localisation.

    Répond au frein identifié suivant

    • Préoccupations paysagères, environnementales et de qualité de vie.

  • Gouvernance partagée et transparente

    Pourquoi?

    • Renforcer la confiance des communautés en clarifiant les rôles et responsabilités de chaque acteur.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Mettre en place une table de concertation entre promoteurs, organisations municipales et communautés.

    • Établir un calendrier de rencontres et de reddition de comptes.

    • Formaliser les engagements (ententes, protocoles, bilans publics).

    Répond au frein identifié suivant

    • Défiance envers les promoteurs et sentiment d’injustice territoriale.

  • Partage équitable des retombées locales

    Pourquoi?

    • Assurer une perception de justice distributive entre les impacts et les bénéfices pour le territoire.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Créer un fonds communautaire géré localement.

    • Négocier une répartition claire des revenus (redevances, compensations, investissements).

    • Rendre les informations financières accessibles et compréhensibles.

    Répond au frein identifié suivant

    • Perception d’asymétrie entre les impacts et les bénéfices.

  • Crédibilité environnementale et suivi indépendant

    Pourquoi?

    • Rassurer les communautés quant aux impacts sur la faune, les habitats et les milieux naturels.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Mandater un organisme indépendant pour le suivi environnemental.

    • Mettre en œuvre des mesures de mitigation adaptées.

    • Diffuser les résultats de suivi de manière transparente.

    Répond au frein identifié suivant

    • Préoccupations environnementales (faune, biodiversité, milieux naturels).

  • Participation citoyenne, mobilisation et de rétroaction continue

    Pourquoi?

    • Permettre d’impliquer les communautés à toutes les étapes du projet, d’ajuster les décisions en continu et de réduire les tensions.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Organiser des activités de participation publique en amont, pendant et après le projet.

    • Mettre en place un mécanisme accessible de rétroaction et de gestion des préoccupations.

    • Adapter les stratégies de communication aux réalités locales.

    Répond au frein identifié suivant

    • Perception d’un manque de consultation et de transparence.

  • Retombées visibles à court terme

    Pourquoi?

    • Favoriser l’adhésion en démontrant rapidement des bénéfices concrets pour la communauté.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Financer des initiatives locales dès les premières phases.

    • Soutenir des emplois et des formations dans la région.

    • Communiquer régulièrement les retombées du projet.

    Répond au frein identifié suivant

    • Doutes sur la pertinence et/ou l’utilité du projet.

Pour en savoir plus