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Tableau de bord de l'action climatique
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Relocalisation sécuritaire des ménages en zones à risque climatique élevé

Type
  • Adaptation
Thématiques
  • Adaptation aux aléas climatiques et résilience des communautés

Cette mesure soutient les personnes qui vivent dans des secteurs où les risques climatiques sont récurrents et élevés (inondations, submersion, érosion côtière, feux de forêt). L’objectif est d’aider les ménages à quitter définitivement ces zones à risque plutôt que de reconstruire après chaque sinistre.

Les municipalités et les MRC jouent un rôle central : elles identifient les secteurs prioritaires, négocient ou recommandent le retrait des bâtiments, vont chercher le financement provincial (ex. Programme de résilience et d’adaptation face aux inondations – PRAFI) et planifient l’usage futur des terrains libérés. Après les inondations majeures de 2017 et 2019, plusieurs municipalités québécoises ont déjà racheté et démoli des maisons dans les secteurs les plus touchés pour éviter la reconstruction en zone inondable.

Niveau d'appui estimé
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Estimation d'impact
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Quels avantages pour votre collectivité?

Outre la réduction des risques sanitaires immédiats, cette mesure apporte des co-bénéfices importants pour votre milieu. Un co-bénéfice est une retombée positive supplémentaire, au-delà de l’objectif principal d’une mesure. Il peut concerner la santé, l’économie locale, la qualité de vie, l’environnement ou l’équité sociale.

  • Sécurité et santé

    Moins d’exposition aux sinistres répétés, diminution du stress, des pertes matérielles et des impacts physiques et psychologiques liés aux catastrophes.

  • Finances publiques

    Réduction des coûts récurrents liés aux interventions d’urgence, aux reconstructions et à l’entretien d’infrastructures en zones à risque.

  • Aménagement et résilience du territoire

    Création de zones tampons naturelles (plaines inondables, berges végétalisées) protégeant les quartiers voisins et renforçant la résilience collective.

Niveau d'intervention

  • Difficulté de mise en place technique

    3/5
    Modéré

La technique de relocalisation qui comprend l’évaluation, l’achat, la démolition et le débranchement des services n’est pas particulièrement complexe, mais ce sont plutôt les éléments administratifs et procéduraux qui ajoutent une certaine complexité à cette mesure.

  • Coût

    5/5
    Élevé

La relocalisation nécessite des rachats, de l’accompagnement des ménages, la démolition et la remise en état des terrains. Les municipalités et MRC peuvent toutefois obtenir un soutien financier ciblé pour planifier et mettre en œuvre la relocalisation dans les zones à haut risque d’inondation.

  • Degré de collaboration nécessaire

    5/5
    Élevé

La réussite repose sur la coordination entre la municipalité ou la MRC (urbanisme, sécurité civile, aménagement du territoire), le palier provincial (Affaires municipales, Sécurité publique), la santé publique et les organismes communautaires.

Leviers d'application municipaux

  • Cartographier les secteurs à haut risque et documenter l’historique des sinistres.

  • Limiter ou interdire la reconstruction en zone à risque élevé dans la réglementation d’urbanisme.

  • Négocier des offres d’achat volontaire avec les propriétaires touchés et déposer un projet de relocalisation pour financement provincial.

État des perceptions de l'acceptabilité sociale de la mesure

La relocalisation est une mesure socialement très sensible. Pour plusieurs résident·es, elle est vécue comme un déracinement forcé, une perte d’identité de quartier et une rupture des liens sociaux; pour d’autres — notamment les ménages sinistrés à répétition — elle représente une sortie durable d’un cycle de dégâts, de stress et d’insécurité. Son acceptabilité est fortement conditionnelle et repose sur trois éléments perçus comme non négociables : une indemnisation jugée juste et transparente, un accompagnement humain réel tout au long du processus, et la possibilité de se reloger dans des conditions comparables, idéalement à proximité des réseaux de vie existants.

Les expériences récentes au Québec montrent une adhésion partielle, illustrant à la fois l’attachement au milieu de vie et la méfiance envers les modalités d’indemnisation. De façon générale, l’acceptabilité augmente avec le niveau d’exposition au risque et la qualité du dialogue avec la population.

Étude de cas : Relocalisation volontaire après les inondations de l’Eferdinger Becken (Haute-Autriche)

La relocalisation volontaire dans la plaine de l’Eferdinger Becken, mise en place après deux crues majeures, a permis de réduire considérablement la vulnérabilité aux inondations en indemnisant les habitants à hauteur de 80 % de la valeur de leur bien. Le programme, soutenu par un accompagnement psychosocial et une gouvernance participative, a abouti à la démolition de plus de 120 maisons et à la création de quartiers sûrs et modernes.

Malgré cette réussite, des défis subsistent, notamment l’attachement au lieu d’origine, les effets psychologiques de la relocalisation et la situation des personnes âgées restées sur place.

Résistances possibles et groupes concernés

Toute mesure peut susciter des résistances. Les comprendre permet d’anticiper les réactions et de mieux adapter la mise en œuvre.

  • Attachement au territoire et crainte du déracinement

    Groupes concernés

    Propriétaires et locataires

    Ne veulent pas quitter un milieu de vie auquel ils sont profondément attachés.

    Personnes âgées

    Craignent la perte de repères, le stress du déménagement et l’éloignement des proches.

  • Méfiance envers les indemnisations

    Groupes concernés

    Riverain·es

    Doutent que l’offre couvre la “vraie valeur” de la maison, du terrain et des investissements réalisés.

    Associations de propriétaires

    Redoutent des iniquités entre voisin·es et des délais de paiement.

  • Répercussions économiques et sociales

    Groupes concernés

    Commerçant·es et petites entreprises

    Craignent de perdre leur clientèle si une partie du quartier est relocalisée.

    Familles et salarié·es

    Redoutent l’éloignement des services (école, soins) et les difficultés à maintenir les liens familiaux ou amicaux.

    Résident.es à proximité des zones relocalisées

    Craignent de subir une hausse des taxes pour financer les projets de relocalisation.

    Communautés vulnérables

    Craignent que la relocalisation fragilise leur filet de sécurité sociale. Craignent de vivre des difficultés d’intégration dans leur nouvelle communauté.

    Services municipaux

    Anticipent une adaptation des services sociaux du au changement de la répartition de la population sur le territoire causée par les déplacements.

  • Perception d’une relocalisation imposée

    Groupes concernés

    Résident·es

    Craignent que la relocalisation soit décrite comme « volontaire », alors que les nouvelles règles (interdiction de reconstruire, accès limité à l’assurance, etc.) rendent le maintien sur place presque impossible.

    Défenseurs du patrimoine local

    Redoutent l’effacement de l’identité du lieu.

Motivations possibles et groupes concernés

Certaines mesures suscitent naturellement l’adhésion de groupes qui y voient des bénéfices directs. Les identifier permet de mobiliser des alliés et de renforcer l’acceptabilité sociale.

  • Sécurité et qualité de vie

    Groupes concernés

    Ménages sinistrés à répétition

    Veulent tourner la page sur les dégâts, la perte de biens et l’angoisse à chaque catastrophe.

    Services municipaux de sécurité civile

    Souhaitent réduire les interventions d’urgence répétées dans les mêmes secteurs.

  • Économies à long terme

    Groupes concernés

    Municipalités et MRC

    Veulent limiter les coûts d’entretien d’infrastructures dans des rues vouées à être inondées de nouveau.

    Paliers provincial et fédéral, assureurs

    Reconnaissent qu’indemniser une relocalisation peut coûter moins cher que reconstruire après chaque sinistre majeur

  • Restauration écologique et bénéfices de santé publique

    Groupes concernés

    Organismes environnementaux et santé publique

    Voient une occasion de transformer les zones les plus à risque en zones tampons naturelles (plaines inondables, parcs absorbants) pour protéger le reste du quartier.

  • Bénéfices économiques et sociaux

    Groupes concernés

    Commerçants

    Reconnaissent le potentiel économique que représentent les secteurs relocalisés.

    Citoyens et organisations

    Les secteurs réaménagés ont le potentiel de renforcer les capacités des organisations locales à répondre aux besoins de la population.

Co-bénéfices pour les citoyen·nes

  • Économie

    Moins de dépenses personnelles liées aux dégâts récurrents (réparations, pertes matérielles).

  • Santé et bien-être

    Réduction du stress constant lié à la peur d’un nouveau sinistre.

  • Habitat et qualité de vie

    Accès à un logement plus sûr, conforme aux normes actuelles, dans un milieu moins exposé.

Conditions de succès générales de mise en oeuvre

Transformer une mesure perçue comme subie en solution choisie exige certaines conditions clés. Celles-ci sont essentielles pour assurer son acceptabilité, son efficacité et sa mise en œuvre dans la durée.

  • Ancrage local

    Adapter la mesure aux réalités du quartier : morphologie, données socio‑économiques, capacités d’accueil.

  • Communication claire et pédagogique

    Expliquer les objectifs, les coûts et les bénéfices avec des exemples concrets et des visuels simples.

  • Leadership politique affirmé

    Afficher un engagement public (résolution, budget, porte‑parole) et assurer la cohérence entre services.

  • Implication des acteurs proches des publics vulnérables

    Mobiliser les organismes communautaires et les réseaux de santé et services sociaux pour garantir l’équité.

  • Participation citoyenne et co‑construction

    Impliquer les résident·es, commerçants, expert·es. Passer du « consulté » au « coproducteur ».

  • Mesures d’accompagnement et de compensation

    Prévoir des aides financières, du soutien technique ou des solutions de rechange pour limiter les effets négatifs.

  • Suivi adaptatif

    Mesurer les résultats avec des indicateurs publics et ajuster rapidement la mise en œuvre en fonction des rétroactions.

Conditions de succès spécifiques de mise en oeuvre

Transformer une mesure perçue comme subie en solution choisie exige certaines conditions clés. Celles-ci sont essentielles pour assurer son acceptabilité, son efficacité et sa mise en œuvre dans la durée.

  • Indemnisation claire et équitable

    Pourquoi?

    • Réduire la méfiance envers la valeur de rachat et éviter les conflits entre voisin·es.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Publier les critères d’évaluation (maison, terrain, travaux récents).

    • Annoncer clairement les délais et les étapes de versement.

    • Offrir une médiation neutre pour les contestations.

    Répond au frein identifié suivant

    • Méfiance envers l’indemnisation.

  • Accompagnement humain pendant la transition

    Pourquoi?

    • Limiter le sentiment de déracinement et d’abandon, surtout pour les personnes âgées et les familles.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Mettre en place une équipe d’accompagnement (soutien psychosocial, aide au déménagement).

    • Aider concrètement : transport des biens, démarches administratives, suivi après le déménagement.

    Répond au frein identifié suivant

    • Attachement au territoire et crainte du déracinement

  • Relogement abordable et près des réseaux de vie

    Pourquoi?

    • Éviter que les ménages perdent l’accès à leurs services, leur soutien familial ou leur emploi.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Réserver ou négocier des logements abordables et sécuritaires ailleurs sur le territoire municipal ou de la MRC.

    • Accorder une priorité d’accès aux ménages relocalisés.

    Répond au frein identifié suivant

    • Répercussions économiques et sociales locales.

  • Reconnaissance et mise en valeur du secteur quitté

    Pourquoi?

    • Éviter que le départ soit perçu comme une disparition forcée du quartier et protéger le sentiment d’appartenance.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Impliquer les résident·es dans l’avenir du site libéré (parc inondable, zone tampon naturelle, espace public).

    • Aménager une trace visible de la mémoire du lieu (nom du parc, parcours d’interprétation).

    Répond au frein identifié suivant

    • Crainte d’une perte d’identité collective et d’un effacement du milieu de vie.

Pour en savoir plus