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Tableau de bord de l'action climatique
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Développer le réseau de pistes cyclables pour qu’elles soient protégées et continues

Type
  • Atténuation
Thématiques
  • Mobilité collective et active

Un réseau cyclable protégé et continu est essentiel pour garantir la sécurité des usagers et des usagères et rendre le vélo accessible au plus grand nombre. Lorsqu’il est perçu comme sûr, confortable et sans interruption, il devient une véritable alternative à la voiture pour les déplacements quotidiens. Selon Vélo Québec, en 2020, 2,7 millions de Québécois·es faisaient déjà du vélo chaque semaine entre mai et septembre, soit environ un Québécois·e sur trois.

La mise en place d’infrastructures protégées et connectées renforce encore cette pratique : une étude menée par l’Université du Nouveau-Mexique en 2025 montre ainsi que les pistes cyclables protégées attirent 1,8 fois plus de cyclistes que les pistes standards, et 4,3 fois plus que des rues sans infrastructure cyclable. Ces résultats ne sont pas propres au Québec : l’expérience de villes comme Copenhague ou Utrecht montre également qu’un réseau cyclable protégé et continu peut transformer durablement les habitudes de mobilité.

Niveau d'appui estimé
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Estimation d'impact
Cette donnée repose sur quelque chose qui doit être défini à cet endroit. Le calcul a été réalisé en 2021 et se base sur l'addition de toutes les valeurs. [TODO]
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Quels avantages pour votre collectivité?

Outre les gains en termes de GES cette mesure entraîne des co-bénéfices importants pour votre milieu. Un co-bénéfice est une retombée positive supplémentaire, au-delà de l’objectif principal d’une mesure. Il peut concerner la santé, l’économie locale, la qualité de vie, l’environnement ou l’équité sociale.

  • Qualité de vie et santé

    Moins de congestion automobile et de pollution, environnements plus propices à l’activité physique quotidienne, contribuant à réduire les impacts sanitaires liés à la sédentarité.

  • Économie locale et attractivité

    Milieux de vie plus agréables et accessibles, favorisant la fréquentation des commerces de proximité et la revitalisation des artères urbaines.

  • Aménagement et coûts collectifs

    Diminution de la pression sur le réseau routier, entraînant une réduction des coûts liés à l’entretien des infrastructures et une utilisation plus efficiente de l’espace public.

Niveau d'intervention

  • Difficulté de mise en place technique

    1/5
    Faible

L’extension ou la conversion de voies existantes pour les vélos est relativement accessible sur le plan technique, mais nécessite une planification urbaine rigoureuse.

  • Coût

    3/5
    Modéré

Les aménagements, comme la séparation physique, la peinture ou la signalisation, demandent un investissement, mais restent moins importants que de nouvelles infrastructures routières ou de transport collectif.

  • Degré de collaboration nécessaire

    2/5
    Faible-modéré

Une coordination entre les services municipaux, les résident·es, et les commerçants, par l’entremise des sociétés de développement commercial (SDC), est nécessaire.

Leviers d'application municipaux

  • Le plan d’urbanisme et de mobilité permet d’intégrer la place du vélo dans la vision de mobilité locale et de lier le réseau cyclable aux pôles de transport collectif.

  • Le schéma d’aménagement du territoire assure la continuité et la cohérence du réseau à l’échelle régionale.

État des perceptions de l'acceptabilité sociale de la mesure

Selon le Baromètre de l’action climatique 2024 de la ville de Québec, 78 % des répondant·es se disent favorables à des mesures visant à sécuriser les déplacements à pied ou à vélo, par l’ajout de pistes cyclables ou l’élargissement de trottoirs par exemple, tant que cela n’implique pas de réduction des espaces dédiés aux véhicules. Ce taux chute à 46 % lorsque ces mesures incluent le retrait de voies ou de stationnements. Le développement des pistes cyclables protégées au Québec, notamment à Montréal et à Québec, suscite des réactions variées selon les contextes locaux et les groupes citoyens.

Si des oppositions initiales ont émergé, surtout autour des enjeux d’achalandage des commerces de proximité, de stationnement, de circulation et de manque de consultation, la majorité de la population — surtout les jeunes et les résident·es des quartiers centraux — se montre de plus en plus favorable à ces aménagements, en particulier lorsqu’ils sont sécuritaires, bien intégrés et accessibles à l’année. L’acceptabilité sociale dépend ainsi fortement de la qualité des infrastructures, de la concertation avec les usagers et commerçants, et de la capacité des projets à répondre aux besoins locaux tout en améliorant la mobilité active.

Étude de cas : Le projet VivaCité

En 2024, la Ville de Québec a lancé le projet VivaCité, un réseau de 150 km de pistes cyclables protégées à réaliser d’ici 2034, visant à connecter les quartiers périphériques au centre-ville par des infrastructures sécuritaires et accessibles toute l’année. Misant sur une approche participative, la Ville consulte citoyens et acteurs locaux pour adapter les aménagements aux besoins du milieu. Le premier corridor entre Charlesbourg, Limoilou et Saint-Roch est en construction, avec une mise en service prévue en 2026.

Bien que des projets pilotes aient démontré un fort potentiel, certaines réalisations, comme celle à Beauport, suscitent des critiques. Globalement bien accueilli par les cyclistes, le projet soulève toutefois des préoccupations chez certains commerçants, poussant la Ville à ajuster ses interventions et à maintenir un dialogue constant afin d’assurer l’acceptabilité sociale.

Résistances possibles et groupes concernés

Toute mesure peut susciter des résistances. Les comprendre permet d’anticiper les réactions et de mieux adapter la mise en œuvre.

  • Réduction de l’espace pour les voitures et crainte d’une hausse de la congestion

    Groupes concernés

    Automobilistes, routiers

    S’inquiètent du retrait de voies de circulation et de stationnement, redoutent une augmentation du temps de déplacement.

    Élu·es locaux

    Sont sensibles à ces plaintes car le transport est un sujet politiquement plus sensible que d’autres, surtout dans les quartiers dépendant de l’automobile.

  • Craintes pour l’accessibilité et la fréquentation des commerces

    Groupes concernés

    Commerçants et associations commerciales

    Redoutent une baisse de clientèle motorisée et des difficultés liées à la livraison, au stationnement ou à l’accès lors de travaux.

    Municipalités

    Doivent répondre à ces inquiétudes tout en soutenant la revitalisation commerciale.

  • Contraintes budgétaires et d’entretien

    Groupes concernés

    Petites municipalités

    Perçoivent le projet comme coûteux à court terme.

    Élu·es locaux

    Hésitent en raison des coûts d’entretien, surtout en hiver, et de la sensibilité politique du transport.

  • Doutes sur la pertinence et l’utilité du projet

    Groupes concernés

    Résident·es du quartier

    Craignent un projet mal adapté à leurs besoins, une transformation trop rapide ou une perte d’accessibilité durant les travaux.

    Élu·es locaux

    Sont réticents, car les bénéfices se manifestent souvent au-delà du cycle électoral.

Motivations possibles et groupes concernés

Certaines mesures suscitent naturellement l’adhésion de groupes qui y voient des bénéfices directs. Les identifier permet de mobiliser des alliés et de renforcer l’acceptabilité sociale.

  • Amélioration de la sécurité et de l’accessibilité pour les déplacements actifs

    Groupes concernés

    Cyclistes et piéton·nes

    Ressentent moins de risques d’accident et un sentiment de sécurité plus élevé.

    Jeunes et familles

    Profitent de déplacements plus sécuritaires, notamment vers l’école ou les activités quotidiennes.

  • Promotion de l’activité physique et impact positif sur la santé publique

    Groupes concernés

    Professionnel·les de la santé publique

    Voient une opportunité d’améliorer la santé globale de la population grâce à la marche et au vélo au quotidien.

    Organismes communautaires et éducatifs

    Appuient la mobilité active comme outil de prévention en santé.

  • Amélioration de la qualité de vie (réduction de la pollution, du bruit)

    Groupes concernés

    Organismes environnementaux

    Soutiennent la mesure comme une étape vers une mobilité bas carbone.

    Groupes citoyens

    Sont sensibles à la qualité de l’air et du cadre de vie, surtout en milieu urbain dense.

  • Revitalisation urbaine et retombées économiques locales

    Groupes concernés

    Commerçants et secteur touristique

    Reconnaissent l’intérêt d’une ville plus attractive, marchable, agréable à parcourir, augmentant la fréquentation des commerces et l’achat local.

    Marchands de vélos, réparateurs

    Y voient une opportunité commerciale.

Co-bénéfices pour les citoyen·nes

  • Économies

    32 000$ d’économies sur 5 ans en préférant le cocktail transport à l’auto-solo – source : Vélo Québec.

  • Efficacité

    Gain de temps en évitant le trafic, facilité de stationnement.

  • Plaisir et bien-être

    Activité agréable favorisant la santé physique et mentale, réduisant le stress et améliorant la qualité de vie quotidienne.

Conditions de succès générales de mise en oeuvre

Transformer une mesure perçue comme subie en solution choisie exige certaines conditions clés. Celles-ci sont essentielles pour assurer son acceptabilité, son efficacité et sa mise en œuvre dans la durée.

  • Ancrage local

    Adapter la mesure aux réalités du quartier : morphologie, données socio‑économiques, capacités d’accueil.

  • Communication claire et pédagogique

    Expliquer les objectifs, les coûts et les bénéfices avec des exemples concrets et des visuels simples.

  • Leadership politique affirmé

    Afficher un engagement public (résolution, budget, porte‑parole) et assurer la cohérence entre services.

  • Implication des acteurs proches des publics vulnérables

    Mobiliser les organismes communautaires et les réseaux de santé et services sociaux pour garantir l’équité.

  • Participation citoyenne et co‑construction

    Impliquer les résident·es, commerçants, expert·es. Passer du « consulté » au « coproducteur ».

  • Mesures d’accompagnement et de compensation

    Prévoir des aides financières, du soutien technique ou des solutions de rechange pour limiter les effets négatifs.

  • Suivi adaptatif

    Mesurer les résultats avec des indicateurs publics et ajuster rapidement la mise en œuvre en fonction des rétroactions.

Conditions de succès spécifiques de mise en oeuvre

Transformer une mesure perçue comme subie en solution choisie exige certaines conditions clés. Celles-ci sont essentielles pour assurer son acceptabilité, son efficacité et sa mise en œuvre dans la durée.

  • Tracé qui répond à un besoin local réel

    Pourquoi ?

    • Créer des parcours efficaces et éviter des aménagements peu utilisés.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Réaliser des études de flux

    • Former un comité technique multimodal (vélo, transport collectif, auto)

    • Concevoir des cartes interactives pour identifier les lieux stratégiques

    Répond au frein identifié suivant

    • Doutes sur la pertinence et l’utilité du projet

  • Protection physique et entretien 4 saisons

    Pourquoi ?

    • Conditionne l’usage régulier par la sécurité perçue et l’accessibilité hivernale.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Installer des séparateurs solides et assurer le déneigement

    • Dédier un budget d’entretien

    • Sensibiliser sur le vélo d’hiver

    Répond au frein identifié suivant

    • Contraintes budgétaires et d’entretien

  • Mesures d’accompagnement pour les commerces

    Pourquoi ?

    • Rassure les commerçants sur la fréquentation et la logistique de livraison.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Prévoir des zones de livraison courte durée et des panneaux « stationnez ici, marchez 2 minutes »,

    • Soutenir la promotion de « commerce vélo accueillant »

    • Dédier des stationnements sécurisés pour vélos

    Répond au frein identifié suivant

    • Craintes pour l’accessibilité et la fréquentation des commerces

  • Intégration multimodale

    Pourquoi ?

    • Facilite le transfert entre le vélo et le transport collectif et étend la portée du réseau.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Prévoir des stationnements sécurisés aux stations de transport collectif

    • Offrir des billets combinés ou forfaitaires (ex. transport collectif et vélo partage)

    • Administrer des applications d’information en temps réel

    • Sensibiliser au partage de la route par les différents usagers et usagères

    Répond au frein identifié suivant

    • Réduction de l’espace pour les voitures

  • Phase test et ajustements

    Pourquoi ?

    • Permet d’éprouver la mesure, corrige rapidement les irritants et réduit la méfiance.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Mettre en place des aménagements temporaires et des installations de comptages automatiques

    • Réaliser des sondages avant et après la mise en place du projet

    Répond au frein identifié suivant

    • Doutes sur la pertinence et l’utilité du projet

Pour en savoir plus

Autres mesures