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Tableau de bord de l'action climatique
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Déminéraliser les surfaces minéralisées : transformer des stationnements ou des espaces sous-utilisés en espaces végétalisés

Type
  • Adaptation
Thématiques
  • Adaptation aux aléas climatiques et résilience des communautés

La déminéralisation consiste à enlever l’asphalte, le béton et autres surfaces imperméables — par exemple dans les stationnements ou les terrains vacants — pour les remplacer par des sols perméables et de la végétation (arbres, jardins de pluie, placettes vertes). L’objectif est de protéger la population face aux vagues de chaleur et aux pluies intenses : les surfaces végétalisées créent de l’ombre, rafraîchissent l’air et laissent l’eau de pluie s’infiltrer plutôt que d’inonder les rues et les sous-sols. Selon l’INSPQ, ces zones peuvent être de 4 à 8 °C plus fraîches sous les arbres qu’une surface asphaltée, tout en réduisant la pression sur les réseaux d’égout. Elles offrent aussi des espaces de repos plus agréables, ce qui améliore directement la qualité de vie et la santé des résident·es.

Niveau d'appui estimé
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Estimation d'impact
Cette donnée repose sur quelque chose qui doit être défini à cet endroit. Le calcul a été réalisé en 2021 et se base sur l'addition de toutes les valeurs. [TODO]
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Quels avantages pour votre collectivité?

Outre la réduction des risques sanitaires immédiats, cette mesure apporte des co-bénéfices importants pour votre milieu. Un co-bénéfice est une retombée positive supplémentaire, au-delà de l’objectif principal d’une mesure. Il peut concerner la santé, l’économie locale, la qualité de vie, l’environnement ou l’équité sociale.

  • Qualité de vie et santé

    Espaces plus frais et ombragés, diminution des îlots de chaleur, amélioration du confort et réduction des risques pour la santé lors des épisodes de chaleur extrême.

  • Gestion des eaux et résilience urbaine

    Meilleure infiltration de l’eau de pluie, réduction du ruissellement et des refoulements d’égout, soulagement des infrastructures municipales lors des pluies intenses.

  • Attractivité et cadre de vie

    Milieux plus verdoyants et agréables, valorisation des quartiers et transformation d’espaces sous-utilisés en lieux de rencontre et de repos.

Niveau d'intervention

  • Difficulté de mise en place technique

    3/5
    Modéré

Les techniques (retrait d’asphalte, amélioration des sols, plantation, gestion des eaux de pluie à la source) sont bien connues, mais exigent un bon diagnostic du site et une planification en fonction des contraintes du territoire.

  • Coût

    5/5
    Élevé au départ, modéré à long terme

Les travaux initiaux (démolition, sols, végétalisation) sont coûteux, mais peuvent réduire à long terme les coûts liés aux îlots de chaleur, aux inondations et à la gestion des eaux pluviales.

  • Degré de collaboration nécessaire

    5/5
    Élevé

La réussite dépend d’une coordination entre plusieurs services municipaux (urbanisme, travaux publics, environnement), ainsi que des propriétaires privés et des commerçant·es.

Leviers d'application municipaux

  • Réglementation (exigences de verdissement, limites au stationnement asphalté)

  • Planification urbaine (plans de verdissement, lutte aux îlots de chaleur)

  • Appels d’offres intégrant la gestion durable des eaux pluviales.

  • Schéma d’aménagement à l’échelle de la MRC (permet de cibler les secteurs les plus vulnérables).

État des perceptions de l'acceptabilité sociale de la mesure

La déminéralisation bénéficie d’un appui globalement favorable, en particulier dans les secteurs exposés aux îlots de chaleur et aux inondations urbaines. Une enquête de l’INSPQ menée auprès de la population de la Ville de Québec indique que 57 % des répondant·es expriment un soutien fort à cette mesure et que 32 % n’y voient aucun frein. Le soutien demeure élevé même lorsqu’elle implique une reconfiguration du stationnement : 89 % appuient la réduction des espaces de stationnement dans les quartiers centraux et 48 % sont favorables au retrait de 25 % de ces espaces.

Les organismes de santé publique et les groupes communautaires perçoivent cette mesure comme un levier concret pour protéger les populations vulnérables face aux vagues de chaleur et aux pluies intenses. L’acceptabilité reste toutefois conditionnelle. Les principales préoccupations concernent la perte de stationnement, les coûts d’entretien et les impacts des travaux.

L’appui augmente lorsque les projets ciblent des espaces peu utilisés, que les bénéfices sont visibles rapidement (ombre, fraîcheur, confort) et que les résident·es et commerçant·es sont impliqué·es dans les choix d’aménagement.

Étude de cas : la ville de Gatineau

En 2024, la Ville de Gatineau a instauré une taxe sur les stationnements commerciaux et industriels pour encourager leur déminéralisation, provoquant une forte contestation du milieu des affaires. Malgré une réduction de 40 % de la taxe, les commerçants jugent la mesure inéquitable, notamment parce que certains terrains ne peuvent être réaménagés en raison de contraintes comme des servitudes ou des statuts patrimoniaux.

L’INSPQ souligne que des règlements municipaux antérieurs peuvent freiner les efforts de verdissement, comme à Gatineau où des stationnements taxés avaient été exigés par la Ville elle-même.

Résistances possibles et groupes concernés

Toute mesure peut susciter des résistances. Les comprendre permet d’anticiper les réactions et de mieux adapter la mise en œuvre.

  • Perte de stationnement

    Groupes concernés

    Commerçants

    Craignent une baisse d’achalandage liée au retrait d’espaces de stationnement et doutent que les alternatives proposées compensent adéquatement cette perte.

    Clients motorisés

    Redoutent de ne pas trouver de place de stationnement à proximité, ce qui peut décourager la fréquentation des commerces, surtout pour les personnes à mobilité réduite.

    Personnes âgées et personnes à mobilité réduite

    Craignent que la perte de stationnement rende leurs déplacements plus difficiles.

    Gestionnaires de centres commerciaux

    Perçoivent une perte de compétitivité par rapport à d’autres sites mieux pourvus en stationnement et anticipent des tensions avec leurs locataires commerciaux.

  • Craintes liées aux coûts et responsabilités d’entretien

    Groupes concernés

    Propriétaires privés

    Craignent que les coûts d’entretien des espaces verts (arrosage, tonte, taille, remplacement des végétaux) reviennent à leur charge sans subvention adéquate ou soutien communal.

    Syndicats de copropriété

    Redoutent une hausse des charges communes et des conflits entre copropriétaires sur la répartition des coûts.

  • Perturbations liées aux travaux

    Groupes concernés

    Résident·es voisin·es

    Craignent le bruit, la poussière et les vibrations durant les travaux, ce qui peut nuire à la qualité de vie immédiate.

    Usagers de la route

    Redoutent les détours, la réduction temporaire de la capacité routière et l’allongement des temps de déplacement.

    Commerçants

    Baisse d’achalandage causée par les enjeux de circulation liés aux travaux.

  • Doutes sur la réelle efficacité climatique

    Groupes concernés

    Certain·es élu·es

    Se demandent si la déminéralisation apporte des bénéfices mesurables (réduction de chaleur, gestion des eaux) à l’échelle du quartier.

    Médias locaux

    Peuvent présenter la mesure comme surtout esthétique si les objectifs en santé publique et en gestion des pluies intenses ne sont pas expliqués clairement.

  • Augmentation des coûts

    Groupes concernés

    Résident.e.s propriétaires

    Craignent une augmentation des taxes municipales dûs à l’augmentation de la valeur foncière.

    Résident.e.s locataires

    Craignent une augmentation des loyer dû à l’augmentation de la valeur des propriétés.

    Entreprises locales

    Craignent une augmentation des taxes municipales dûs à l’augmentation de la valeur foncière.

  • Changement dans les habitudes de déplacement

    Groupes concernés

    Personnes âgées et/ou à mobilité réduite

    Craignent que la perte d’espace de stationnement complexifie leurs déplacements quotidiens

Motivations possibles et groupes concernés

Certaines mesures suscitent naturellement l’adhésion de groupes qui y voient des bénéfices directs. Les identifier permet de mobiliser des alliés et de renforcer l’acceptabilité sociale.

  • Amélioration du confort climatique et de la qualité de vie

    Groupes concernés

    Citoyen·nes

    Bénéficient d’espaces plus frais pendant les vagues de chaleur et de déplacements à pied plus agréables.

    Parents

    Voient un milieu extérieur plus sécuritaire et plus tolérable pour les enfants en été.

    Aîné·es

    Sont moins exposé·es aux risques liés aux vagues de chaleur grâce à des zones ombragées et ventilées.

  • Valorisation foncière et attractivité commerciale

    Groupes concernés

    Propriétaires immobiliers

    Associent les aménagements verts à une meilleure valeur foncière et une image plus positive du quartier.

    Promoteurs

    Constatent que les projets avec verdissement sont plus attractifs parce qu’ils sont perçus comme plus agréables et plus sains.

    Commerçants

    Reconnaissent qu’un environnement ombragé et accueillant attire des client·es qui restent plus longtemps.

  • Réduction des inondations urbaines

    Groupes concernés

    Services de génie / travaux publics

    Voient une réduction du ruissellement et une pression moindre sur les réseaux d’égouts.

    Assureurs

    Sont sensibles à toute mesure qui limite les sinistres liés aux pluies intenses et aux refoulements d’égout.

    Municipalités

    Y voient une façon d’augmenter la résilience aux pluies extrêmes sans miser uniquement sur des infrastructures souterraines coûteuses.

  • Image écologique et innovation territoriale

    Groupes concernés

    Organismes environnementaux et groupes citoyens

    Valorisent la mesure comme une action concrète et visible d’adaptation climatique et de santé publique.

    Jeunes générations

    Associent les quartiers plus verts à des milieux modernes, responsables et agréables à vivre.

    Médias régionaux

    Mettent de l’avant les projets qui rendent l’espace public plus attrayant et distinctif, ce qui renforce la fierté locale.

  • Amélioration de la santé

    Groupes concernés

    Résident.e.s

    Voient une amélioration de la qualité de l’air, adoptent un mode de vie plus sain grâce au transport actif, subissent moins d’impacts négatifs grâce à la réduction des îlots de chaleur.

Co-bénéfices pour les citoyen·nes

  • Économie

    Baisse des besoins en climatisation l’été, donc réduction des dépenses d’énergie.

  • Santé physique

    Meilleure qualité de l’air et moindre exposition à la chaleur extrême, ce qui réduit certains risques cardiovasculaires et respiratoires.

  • Bien-être et qualité de vie

    Milieux plus confortables et plus sécurisants, avec davantage d’occasions de socialisation de proximité.

Conditions de succès générales de mise en oeuvre

Transformer une mesure perçue comme subie en solution choisie exige certaines conditions clés. Celles-ci sont essentielles pour assurer son acceptabilité, son efficacité et sa mise en œuvre dans la durée.

  • Ancrage local

    Adapter la mesure aux réalités du quartier : morphologie, données socio‑économiques, capacités d’accueil.

  • Communication claire et pédagogique

    Expliquer les objectifs, les coûts et les bénéfices avec des exemples concrets et des visuels simples.

  • Leadership politique affirmé

    Afficher un engagement public (résolution, budget, porte‑parole) et assurer la cohérence entre services.

  • Implication des acteurs proches des publics vulnérables

    Mobiliser les organismes communautaires et les réseaux de santé et services sociaux pour garantir l’équité.

  • Participation citoyenne et co‑construction

    Impliquer les résident·es, commerçants, expert·es. Passer du « consulté » au « coproducteur ».

  • Mesures d’accompagnement et de compensation

    Prévoir des aides financières, du soutien technique ou des solutions de rechange pour limiter les effets négatifs.

  • Suivi adaptatif

    Mesurer les résultats avec des indicateurs publics et ajuster rapidement la mise en œuvre en fonction des rétroactions.

Conditions de succès spécifiques de mise en oeuvre

Transformer une mesure perçue comme subie en solution choisie exige certaines conditions clés. Celles-ci sont essentielles pour assurer son acceptabilité, son efficacité et sa mise en œuvre dans la durée.

  • Plan de compensation et d’accès commercial

    Pourquoi?

    • Rassurer les commerçant·es et les client·es : montrer qu’on ne sacrifie pas l’accès aux commerces ni l’achalandage.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Zones livraison / arrêt 15 minutes clairement identifiées.

    • Signalisation « Stationnez ici / Marchez 2 min ».

    • Mise de l’avant de l’attrait commercial d’un environnement plus ombragé et agréable.

    Répond au frein identifié suivant

    • Perte de stationnement et crainte d’une baisse d’achalandage.

  • Plan d’entretien dès le départ

    Pourquoi ?

    • Éviter l’effet « terrain laissé à l’abandon », qui nuit à l’image du projet et inquiète les propriétaires.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Intégrer l’entretien (arrosage, désherbage, remplacement des végétaux) aux services ou contrats municipaux.

    • Réserver un budget d’entretien pluriannuel dès l’approbation du projet.

    • Exiger, dans les appels d’offres, un suivi des plantations sur plusieurs saisons.

    Répond au frein identifié suivant

    • Craintes liées aux coûts et responsabilités d’entretien

  • Ciblage des zones prioritaires

    Pourquoi?

    • Réduire les tensions liées au retrait de stationnement en ciblant d’abord des surfaces peu utilisées et des secteurs où les publics vulnérables sont le plus exposés à la chaleur ou au ruissellement.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Utiliser les données municipales (occupation du stationnement, cartographie des îlots de chaleur et des points de ruissellement).

    • Inscrire ces priorités dans les outils municipaux (plan d’urbanisme, plan de verdissement, Programme triennal d’immobilisations (PTI)).

    • Expliquer publiquement pourquoi les sites ciblés sont choisis en premier.

    Répond au frein identifié suivant

    • Perte de stationnement et perception d’iniquité dans le choix des secteurs

  • Suivi public des bénéfices

    Pourquoi?

    • Éviter que la mesure soit perçue comme du verdissement « cosmétique » plutôt qu’une protection contre la chaleur et les inondations.

    Leviers et moyens de mise en œuvre

    • Mettre en place des indicateurs simples avec les services municipaux (température au sol, ruissellement capté).

    • Rendre les résultats visibles : affichage sur site, infolettre municipale, médias locaux.

    • Intégrer ces résultats aux bilans municipaux pour soutenir les budgets et l’adhésion politique.

    Répond au frein identifié suivant

    • Doutes sur l’efficacité réelle de la mesure.

Pour en savoir plus

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